Une entreprise qui se passionne à la fabrication du savon

Une entreprise qui se passionne à la fabrication du savon

La Startup  s’emploie aussi dans le conditionnement et vente des caramels de cacao au miel,  huile de piment naturel et du beurre de cacao. Un succès qui ne se dément pas.

 

Créée en février 2014, à l’initiative de  Jean Aimé Wokhui, Biocharis est une jeune entreprise  qui s’exerce dans la fabrication des caramels de cacao au miel, encore appelé « cocoa crunch ». Elle fait aussi dans la confection des  huiles de piment naturel,  conditionnement et distribution du savon noir venant du Maroc et du beurre de cacao. Toutefois, le produit qui l’a révélé au grand public  est « Doulous », savon de toilette fabriqué à base de plusieurs ingrédients naturels et sans additifs. Il s’agit  du  beurre de cacao,    d’agile verte, eau déminéralisée, solution de soude, huile de palme raffinée, huile de palmiste et miel.

Au vu du process, le façonnage de ce « savon naturel » nécessite beaucoup de  concentration et  d’un savoir-faire avéré. Ainsi, après l’achat de la matière première auprès des fournisseurs,   les savonniers  l’acheminent vers la structure de production située au lieu-dit Grand moulin à Douala. Ici,  le patron des lieux dispose d’une  forte équipe  constituée de six personnes rompues à la tâche.  Alors que le premier groupe  vérifie la  quantité et la qualité des composantes achetées, le second a la délicate mission  de préparer de  l’eau distillée.

 

Une fois  la solution de soude préparée à l’issue d’environ 5 heures d’attentes, le laborantin  tamise l’argile verte,  mesure le grammage  des autres constituants que sont le  miel, le beurre de cacao et l’huile d’amande douce. « En saponification à froid,  la formulation est tellement sensible qu’un seul élément peut  foutre la production en l’air », prévient un employé.

La prochaine étape tout aussi difficile,  consiste  à malaxer toutes les composantes (en fonction de la durée de la saponification)  jusqu’à l’obtention d’un mélange homogène. Lequel sera ensuite  mis dans une dizaine de moules conçues en bois puis démoulé après 10 heures d’horloge. Après avoir laissé la substance se refroidir,  observe-t-on, Jean Aimé Wokhui et ses collaborateurs  étalent de produit sur une table de découpe dont la valeur marchande est estimée à 65 000 FCFA. La capacité de production de l’usine  est évaluée à  50 kg  de savons, soit 500 morceaux par semaine pour un coût de production chiffré à 130 000 FCFA, estime le patron de la Startup.

Sur le marché, la commercialisation des savons de marque « Doulous » se déroule sans encombre.  Hebdomadairement, Biocharis SARL vend en moyenne 300 savons en raison de 1 000 FCFA par morceau de 125 grammes. Une performance financière qui ne satisfait pas  encore le promoteur au regard  des  efforts, des partenariats noués avec  des pharmacies,  des magasins, des hôtels et des opportunités du marché. « Nous ne couvrons actuellement que la seule ville de Douala ; nous espérons qu’avec le temps on s’attaquera aux autres grandes villes et pourquoi pas les pays de la sous-région Cémac », ambitionne Jean Aimé Wokhui. Cependant pour que ce rêve se concrétise, il faudra trouver de l’argent d’autant que,  la structure fait face à l’épineux problème de financement des PME locales.

 

Né à Douala en 1984 dans une famille de six enfants, Jean Aimé Wokhui  est originaire du Haut Nkam dans l’Ouest Cameroun. Il  passe une enfance très difficile avec en prime un père qui n’a jamais connu. Martial Oden Bella, Expert en saponification, consultant et entrepreneur, est celui qui l’a mis le pied à l’étrier.

Christian Happi

 

Des jeunes  développent des stratégies pour lutter contre le chômage

Des jeunes développent des stratégies pour lutter contre le chômage

 

Décidés à prendre leur destin en main,  nombre de jeunes Camerounais, notamment ceux  passés par le moule de Gic Bellomar, ont décidé de créer leur propre entreprise afin de gagner leur vie. Des initiatives qui portent des fruits, même si l’aventure est parfois périlleuse.

 

Faire de l’entrepreneuriat un pôle d’attraction pour l’insertion économique des jeunes camerounais. Tel était l’objectif de la première édition du forum du jeune entrepreneur camerounais (FOJEC) qui s’est déroulé en avril dernier à l’esplanade du musée national de Yaoundé. Mais il faut dire que beaucoup de jeunes Camerounais, notamment ceux qui sont passés par le moule de Martial Oden, le boss de Gic Bellomar n’ont pas attendu des événements comme ceux-là pour se lancer dans l’aventure.  Leur objectif étant de s’auto-employer ou encore lutter contre le chômage des jeunes évalué à 27 % selon des chiffres officiels. Parmi  eux,  plusieurs font dans l’agro-industrie. L’on peut citer, Celest Chimie, fabricant des détergents liquides, eau de javel, vinaigre et produits d’entretien, située au lieu-dit «  2ème entrée Cogefar » dans l’arrondissement de Douala 3ème. Son unité de production,  une pièce de 7m2  construite en matériaux provisoire et comportant un local pour la production et un autre pour le stockage.

Tout un décor pittoresque   qui a failli ne jamais voir le jour à cause d’un problème d’impôt dont l’issu était incertain. C’était en 2003. Celestin Nouyewo,  porteur de projet, souhaitait établir  ses papiers fiscaux sous le régime d’impôt libératoire au contraire de l’administration fiscale qui voulait  plutôt,  le faire payer la patente.  Le promoteur fut donc contraint de se replier  dans un cabinet fiscal qui l’a aidé  à obtenir le précieux document à environ 250 000 FCFA. «  Je ne suis pas contre le paiement de l’impôt libératoire ou tout autre taxe par les opérateurs économiques. Mais,  qu’on nous laisse au moins le temps de grandir », déplore le gérant non sans reconnaitre son impact sur l’éclosion des jeunes entrepreneurs.

Il y a également les Laboratoires Phytorica. Déjà connue pour la fabrication des gélules, sirop et poudre (phytothérapiques), des crèmes corporelles, lotions faciales, shampoings, bombes capillaires, huiles de massage, cette structure  développe en parallèle des savons de marques « Médibène » et « Kamanu ». Toujours bien aidé par Gic Bellomar. Le premier est un savon antipelliculaire fabriqué à base d’huile de palmiste alors que le second fait d’huile de calophylle ralentit l’apparition des rides et réduit les vergetures. «L’idée de transformer les plantes africaines en vue d’en faire des produits cosmétiques date de très longtemps. J’étais jeune étudiant à l’époque et je ne comprenais pas pourquoi une partie des médicaments  transformés et qui venait des forêts du monde entier et  ne pouvait pas être transformée en Afrique»,explique le Dr. Bertrand Sandjon, pharmacien-biologiste-ethnobotaniste camerounais. Il ajoute que les produits qui viennent de l’étranger peuvent avoir deux origines. Il y a certains qui se réclament  être naturels  pourtant ce n’est pas toujours le cas; il y en a qui ne contiennent pas ce qu’ils vantent.

A côté de ces PME ou TPE tenue par la main par Gic Bellomar,  d’autres jeunes,  ont  pris le risque de mettre toute leur économie dans un projet entrepreneurial. C’est le cas d’Ulrich Fotso Ouambo. Avec un peu d’argent mis de côté, il met sur pied  la Société  de transformation des produits agricoles (Sotrapag sarl).   Elle est dépositaire de la marque « Nuréla  nutri »,  une bouillie bouillie provenant de  la patate. Sa particularité est qu’elle  contient des ingrédients tels le carotène, acide ascorbique, le lait écrémé, le soja, sulfate de cuivre et de manganèse….  « Nuréla  nutri »  se vend à 350 FCFA le paquet de 70g alors que celle faite à base de  pomme de terre  coûte 450 FCFA le sachet de 75 kg.   Des ventes, qui de l’avis  du comptable,  permet de réalise chaque fin de mois  un chiffre d’affaire de 90 000 FCFA. Soit 10 cartons de 30 sachets de bouillies chacun.

C.H

Entrepreneuriat

 

 

 

ONE SOAP: La marque du GROUPE ZOROME qui gagne du terrain au Burkina Faso

ONE SOAP: La marque du GROUPE ZOROME qui gagne du terrain au Burkina Faso

Après deux ans de mise en oeuvre le projet savonnerie du GROUPE ZOROME du nom de son promoteur et bénéficiaire de notre programme de formation et de conseil aux techniques améliorée de fabrication des savons et détergents realisé un résultat journaliers de plus de 500 cartons par jours et une demande de plus en plus croissante…

 

 

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+237696319473 et +23767569732 E-mail: groupebellomar@yahoo.fr

Martial Gervais ODEN BELLA

Consultant – Formateur

 

Cameroun : Enquete sur la filière savon de toilette

Cameroun : Enquete sur la filière savon de toilette

 

Au Cameroun, le secteur de la fabrication des savons de toilette a du mal à attirer les investisseurs. Les quelques promoteurs qui existent dans ce milieu, restent peu connus du grand public. Du coup, leurs productions sont plombées par les savons de toilette d’origine étrangères, qui, restent prisés par les consommateurs. Mais, pourquoi ce secteur de la fabrication des savons de toilette « made in Cameroun » a encore du mal à décoller ? Le secteur est-il suffisamment encadré pour attirer les investisseurs ? Tentative de réponse dans cette enquête de Ghislaine Deudjui.
 

Saponification : Les savons de toilette made in Cameroun, ne moussent pas assez

Les produits cosmétiques de marques étrangères prolifèrent dans les espaces marchands au Cameroun. Pourtant, les marques locales existent.
Difficile de trouver dans les espaces marchands notamment parfumeries, supermarchés, échoppes etc. des savons de toilettes made in Cameroun. Pourtant ces produits sont aussi fabriqués au Cameroun. Anette T., est une consommatrice friande de savons de toilette locaux faits à base de plantes naturelles.  Dans l’une des parfumeries du quartier Ndogbong à Douala, Anette T. parcours  inlassablement le rayon des savonnettes, sans succès. Désolée de ne pas trouver le savon qu’elle recherche, elle se renseigne auprès des vendeuses, pour en savoir plus. « Nous ne vendons pas les savons de toilette locaux  ici, la plupart des savons exposés sur nos comptoirs sont importés », lance la vendeuse avec désolation et l’air surpris par la requête de la cliente.
En outre, cette parfumerie n’est d’ailleurs pas la seule à ne proposer à ses clients que des produits cosmétiques fabriqués à l’étranger.  A quelques kilomètres de celle-ci, se trouve une autre parfumerie. Ici,  se sont uniquement les marques étrangères qui recouvrent les rayons.  Le constat est le même dans les grandes surfaces marchandes, notamment supermarché. C’est le cas au supermarché « Mon ami » au quartier Akwa. Dans le rayon réservé aux savonnettes et laits de toilette, une panoplie de produits cosmétiques de marques étrangères attire la clientèle. A l’instar du savon Sivoderm, Bio-clair,  savon Chat, Dentol etc.
Idem au supermarché Mahima, où les savons cosmétiques écoulés proviennent en majorité d’Europe, d’Asie et de l’Afrique de l’Ouest. Le marché Mboppi de Douala, qui accueillent un grand nombre de produits venus de l’extérieur est  la preuve formelle du phénomène de  prolifération des savonnettes  de marques étrangères  sur le marché local.  «  La plupart des vendeurs proposent à leurs clients des savons qui viennent d’ailleurs, sauf les savons de ménages », affirme Alain Noah, gérant d’une parfumerie au marché Mboppi à Douala.  A en croire ce dernier, les savons de toilette made in Cameroun sont moins visibles  sur les étals. «  Mais des fois, il y a des vendeurs ambulants qui proposent des savonnettes à base d’argile verte et d’aloe vera, qui semblent avoir été fait ici, vue l’emballage », ajoute-t-il.
Les savons de toilettes de marques locales sont moins visibles sur nos étals certes. Mais quelqu’un d’entres eux sont exposés dans certaines surfaces marchandes. C’est le cas notamment du savon Medibène. Présenté par ses pairs comme un savon médicinal artisanal, pour lutter contre les infections cutanées, boutons et tâches. Ce savon est vendu au supermarché Kdo à Bonapriso. De plus, il n’est d’ailleurs pas le seul savon proposé par les promoteurs à la clientèle camerounaise. Une multitude de savon proposé par les laboratoires phytorica, fait aussi sensation, il s’agit notamment  du savon Mediclair, Armiel etc. qui sont des marques camerounaises et fait à base de plantes naturelles. Mais, elles ne restent pas très connues du grand public.
 
 
Difficultés :Le manque de financement fait ombrage aux producteurs locaux
La main d’œuvre n’est pas qualifiée et les équipements restent couteux pour booster ce secteur encore mal structuré.
L’accès au financement est un véritable chemin de croix pour les fabricants de  savons de toilette au Cameroun. Cette situation « freine l’activité des producteurs et leur fait ombrage », affirme Jean aimé Wokhui, promoteur d’une marque de savon camerounais. Depuis plusieurs années, ce fabriquant de savonnettes  semble préoccuper par  l’acquisition des financements pour produire en grande quantité. «  Elle est primordiale et nous empêche réellement de promouvoir notre art », indique t-il. Un manque de financement, qui trouverait son origine dans la réticence des institutions bancaires à octroyer du crédit aux promoteurs de ce secteur plus ou moins embryonnaire. «  Ce n’est guère facile de s’aventurer dans ce domaine quand on manque de moyen financier. Surtout que  les banques préfèrent financer les projets qui rapportent  rapidement, notamment le commerce », fait savoir  Mme Kenfack, une productrice de savons.
Hormis l’accès au financement, l’acquisition de la matière première préoccupe.  Au Cameroun, les producteurs utilisent plusieurs ingrédients dits naturels pour la fabrication des savons de toilette. Il s’agit entre autres de l’argile verte, de la graine de karité, du cacao, de l’huile d’argan, de l’aloe vera, du miel etc. Des matières premières, dont le niveau de production n’est pas assez important pour satisfaire la demande des fabricants locaux de savons de toilette, qui s’essayent de produire en grande quantité. Du coup, « Les producteurs de ces matières premières sont obligés de récolter en grande quantité et gérer les stocks pour toute l’année avant d’attendre la prochaine saison. Mais, ce qui est stocké ne suffit pas toujours », indique un producteur de beure de Karité.  
Plusieurs autres facteurs, empiètent sur le développement de ce secteur de fabrication de savons de toilette locaux.  Il s’agit entre autres de l’absence des mesures de renforcement des différents sous métiers liés à la production des savons de toilette. Notamment l’agronomie, agro-industrie, commercialisation des produits chimiques, commercialisation des instruments de mesures, de contrôle qualité et des équipements de protection etc. Consultant et formateur international en saponification,  Martial Bella Oden, relève en outre que ce secteur souffre d’un manque criard de main d’œuvre suffisamment qualifié. « Au Cameroun l’on fait face à l’inexistence des programmes de formation dans des universités et grandes écoles ayant des filières chimie ou agro-industrie, des centres professionnels de formation et des programmes de vulgarisation des bonnes pratiques de production par des experts locaux », analyse-t-il.
Le manque d’organisation et de structuration des acteurs du secteur, contribuent aussi à freiner les investisseurs dans ce secteur encore embryonnaire. Pareil que le coût élevé des équipements. L’on apprend qu’au Cameroun pour acquérir une boudineuse (machine à affiner la pâte de savon Ndlr), il faut débourser au moins 10 millions de FCFA. Soit deux à trois fois plus que, le capital social et même le chiffre d’affaires des petites et moyennes entreprises qui se sont déjà lancées dans le secteur.
Autant d’obstacles, qui ne permettent même pas à ces PME de satisfaire la demande locale en savon de toilette « made in Cameroon ». Au début de l’année 2015, la société Biocharis a produit près de 3500 savons de toilette Doulos. Une quantité qui a été vite épongée en l’espace de trois mois, « pourtant la demande des clients n’a pas cessée », confient les responsables de Biocharis, qui, ambitionne de produire près de 5000 savonnettes par semaine. Mais, cette production « va dépendre du financement. Car, de l’argent, nous pouvons faire de la publicité audio-visuelle, pour communiquer encore plus sur nos produits et améliorer le packaging », affirme Jean Aimé Wokhui.
 
 

Consommation : Les Camerounais obnubilés par les savonnettes étrangères

Les marques locales restent boudées, et le secteur commence à être sous l’emprise de fabricants de mauvais produits, faute d’un système de contrôle national.
Au rayon parfumerie d’un supermarché de la place à Douala samedi 11 avril 2014, une dizaine de femmes agglutinées à cet endroit, se procure des savonnettes de marques différentes notamment, Dove, Nivea, Sivoderm. Toutes issues de l’étranger. Reine Biyiha, l’une des clientes de cet espace marchand est une fervente utilisatrice des produits de beauté de marque « Nivea ». «  Je n’utilise que ca, c’est reconnu par les spécialistes comme étant un bon  produit pour la peau », fait savoir la jeune femme de 40 ans.  Elle, comme plusieurs autres clientes ignore l’existence des savons de toilettes de marques camerounaises.
Certains consommateurs restent même surpris de savoir qu’au Cameroun, l’on fabrique des savons de toilette localement.  Nicole T., étudiante en master dans une école  supérieure de gestion, utilise depuis plusieurs années des savons de toilette qui viennent de l’étranger. «  Je ne savais pas qu’on en fabriquait dans notre pays », lance cette étudiante, étonnée. Pourtant, il existe environ une  vingtaine de savonnettes made in Cameroun, fait à base de plantes naturelles. Dont, nombres de Camerounais ignorent l’existence. Il s’agit entre autres du savon Argila, Kari, Adjap, du savon Kora fait respectivement à base d’argile verte et blanche,  de miel et de beure de karité.  «  Mais, un grand nombre de camerounais ne connaissent pas et continue d’utiliser les produits occidentaux, sans même se soucier de la santé de leur peau », indique Jean Aimé Wokhui, fabricant de savon naturel. Selon les producteurs des savons de toilette locaux, se sont généralement les occidentaux qui sont friands de ces savons fabriqués localement. «  Ils achètent en grande quantité, ils ont connaissance de la valeur du produit. Les camerounais achètent la plupart du temps par simple curiosité », affirme l’un des responsables de la pharmacie santé et nature à Bonapriso.
En outre, les consommateurs de ces savons locaux, se plaignent plutôt de leur cherté.  « Ils sont chers et peuvent valoir entre 1000 et 3000FCFA le morceau de 120 à 125g, pourtant vous pouvez avoir un  savon étranger de 230g à 900 FCFA », indique une consommatrice. Selon Mme Thamy, l’une des responsables de la boutique Naturalia au quartier Akwa à Douala, «  c’est la qualité qui importe, surtout qu’ils sont fait à base de plantes naturelles et huiles essentielles et sont adaptés pour tout type de peau », affirme cette dernière. En plus, expliquent les fabricants des savons de toilette locaux, la cherté de leurs produits, est consécutive à la cherté du coût de la matière première ; très rare.
Toutefois, certains consommateurs  des savons de toilette « made in cameroon », estiment que bon nombre de ces savons sont souvent de mauvaise qualité.  « Parfois après usage des savons locaux, la peau se froisse et devient  blanchâtre, ce sont de pareilles conséquences qui nous incitent aussi à acheter les savons de marques étrangères », défend Alice Emoo, ménagère.  Sur ce, nombre de producteurs reconnaissent la faible culture des études de faisabilité de la plupart des acteurs du secteur. « Ils sont nombreux qui travaillent avec légèreté, et mettent de mauvais produit sur le marché. D’où ce type de remarque après usage. Pour éviter ces dérives, les autorités devraient définir et mettre en place un système de contrôle des savons de toilette produits localement », indique Martial Gervais Oden Bella, expert en saponification.
 
 

 

 Martial Gervais Oden Bella

« Il faut un laboratoire national de contrôle des produits cosmétiques »
Le consultant formateur international en saponification propose des voies pour développer le secteur de la fabrication des savons de toilette au Cameroun.  
Selon vous qu’est-ce qui peut expliquer qu’aujourd’hui les entrepreneurs locaux ont encore du mal à s’intéresser au secteur de la fabrication des savons de toilette ?
A mon avis, c’est une question de culture collective entrepreneuriale. On entreprend plus dans un secteur parce qu’on a vu un tiers réussir dans ce secteur ou alors que le produit fait partie des produits de grande consommation. Les entrepreneurs se penchent plus vers les domaines du savon de lessive et des savons d’hôtels, qui selon eux sont des savons à fort potentiel de marché. Un autre fait est aussi que la majeure partie des entrepreneurs sont des hommes qui ne se penchent pas trop vers des produits de beauté ou d’hygiène corporelle contrairement aux femmes. En dehors bien sûr des spécialistes de la cosmétique, de la chimie industrielle ou de la pharmacologie. Enfin, il y a aussi des habitudes de consommation plus tournées vers des produits importés. Les consommateurs rechignent sur les savons de toilette fabriqués localement, car ils sont très exigeants sur le plan de la qualité et de l’aspect apparent des produits.  Raison pour laquelle leurs préférences sont toujours orientées vers les produits importés.  Un bon savon de toilette doit obéir aux critères de qualité suivant : Absence de bulles d’airs, bon pouvoir nettoyant, et adoucissant, présence de mousse lors de l’usage et Ph compris entre 9 et 10 et il doit avoir un conditionnement assez attrayant.  
Effectivement,  les consommateurs se plaignent de la mauvaise qualité de certains de ces savons de toilette, n’y a-t-il pas un contrôle sur ces produits mis sur le marché ?
Il n’a pas un système de contrôle national de ces savons de toilette fabriqués localement. Donc, pas de réglementation en vigueur. Même ce système est mis en place, cela doit être réalisé conjointement entre les ministères en charge de l’industrie, de la santé, des PME, du Commerce… De toute façon pour que ce secteur ne soit pas à la longue confisqué par des brebis galeuses, qui mettent sur le marché des produits dangereux pour la peau, il faut un laboratoire national de contrôle des produits cosmétiques et d’hygiène corporel. Pour le moment on a juste le laboratoire national d’expertise médicale (Lanacome), qui ne s’occupe en principe que de tout ce qui est médicale.  Le secteur de la fabrication des savons de toilette, est florissant pour les investisseurs mais il faut minutieusement l’organiser et l’encadrer.
Qu’est ce qu’il faut faire  pour inciter les producteurs locaux à fabriquer ce genre de savons ?
Il faut entreprendre un grand nombre d’action, notamment l’information sur les possibilités d’entrepreneuriat dans ce domaine, la vulgarisation des bonnes pratiques de production auprès des personnes qui s’essaient déjà dans ce secteur de savon de toilette et éprouve encore de nombreuses difficultés sur le plan technique. Le livre savon et détergent de la collection pro agro (Co édité par ISF Cameroun et le CTA) est un pas en avant dans ce domaine. Il faut également renforcer les différents sous-métiers, liés à la production des savons de toilette. Une exonération de la taxe sur la valeur ajoutée sur les savons de toilette fabriqués localement, pourrait encourager les investisseurs dans ce secteur. Concernant les matières premières naturelles de base, il faudrait  faciliter l’accès à travers le renforcement des différentes filières oléagineuses conventionnelles et non conventionnelles pouvant être saponifiées. Tout de même, cela passe par la formation des techniciens spécialisés dans la production de ce type de savons qui pourront servir de main d’œuvre qualifié dans des unités de production. Néanmoins, il faut encourager les entrepreneurs à toujours réaliser des études de faisabilité de leurs projets en vue de définir le type de savon de toilette qui sera le mieux adapté à son marché et qui pourrait permettre un retour sur investissement rapide. Aussi, promouvoir le made in Cameroun à travers la limitation par des entrepreneurs locaux de l’importation de ce type de savon au profit de la distribution des savons de toilette locaux répondant aux standards ou normes internationaux.

 Propos recueillis par Ghislaine Deudjui

 

Pour des besoins d’information et d’accompagnement dans le domaine des savons et détergents , merci de nous contacter au +237696319473 et groupebellomar@yahoo.fr

 

 

 

 

Les femmes rurales du village NKOLKOSSE au Cameroun à la découverte des techniques de fabrication des savons et détergents

Les femmes rurales du village NKOLKOSSE au Cameroun à la découverte des techniques de fabrication des savons et détergents

En date du 26 au 27 mars 2011, s’est déroulée dans la localité de MONATELE dans la région du Centre, au sein d’une école du village NKOLKOSSE, une formation en technique améliorée de fabrication des savons et détergents au profit des femmes rurales de ce village.

La dite formation initiée par le Dr AWONO ONANA Charles, Directeur de l’école national polytechnique du Cameroun et annimée par Martial Gervais ODEN BELLA(Consultant – Formateur International en saponification et Administrateur Délégué de la société GIC BELLOMAR) avec comme assistant FOPA Gérard( Responsable de l’unité de production d’eau de javel et détergent liquide SAMOURAI) et MOURTALA MOHAMA(Ingenieur des système industrielle) , avait pour but  de promouvoir l’intégration économique des femmes rurales de ce village à l’économie Camerounaise, à travers le développement des activités génératrices de revenus durable dans divers domaine de la production comme le cas des savons et détergents.

Dans ce cadre, les apprenantes  au nombre de dix sept se sont familiarisées avec les techniques de fabrication de  quatre types de savons : savon liquide, en poudre, de ménage et de toilette. L’activité  s’est  déroulée dans une ambiance conviviale, avec une bonne attention de la part des apprenantes. Ponctualité, assiduité, bonne restitution des connaissances et perspectives d’avenir de regroupement en GIC en vue de la création d’une unité de production de savons et détergents étaient au rendez vous.

A l’issus de cette formation, nous pensons que les élites des différentes localitées devraient entreprendre des initiatives pareilles, fixant à concourir au développement social et économique des dites localités.

     

Martial ODEN BELLA

Promoteur de ICA Consulting et de la STE GIC BELLOMAR

groupebellomar@yahoo.fr  et icaconsulting12@gmail.com