Secteur cosmétique :Une initiative locale pour booster la production des laits et crèmes corporels

par | Nov 11, 2021 | Cosmétique, Développement durable | 0 commentaires

L’entreprise Bellomar Learning offre une formation aux structures déjà en activité ainsi qu’aux potentiels investisseurs à cet effet.
Jean Pépin Ndjo
Former les acteurs de la cosmétique à la maîtrise des bonnes pratiques de fabrication de laits et de crèmes corporels selon la norme iso 22716 : 2007. Tel est l’objectif visé par l’entreprise Bellomar Digital Learning à travers une formation en ligne et en présentiel. Celle-ci va être axée sur 5 modules principaux. Le premier a trait au management de la qualité par l’approche processus. Il s’agit « d’amener les professionnels et les personnes qui veulent se lancer dans la production des laits et crèmes à avoir les connaissances basiques sur les notions du management de la qualité par approche processus en entreprise », explique Martial Gervais Bella Oden, initiateur de ladite formation. A travers le management de la qualité, il sera question pour les entreprises de s’appuyer sur une organisation optimisée basée sur les principes de la qualité. L’approche processus pour sa part, permettra aux professionnels d’organiser leurs activités sous forme de processus afin d’améliorer leurs performances.
Dans le second module, les apprenants seront édifiés sur les bonnes pratiques de fabrication dans la norme iso 22716 :2007 susmentionnée. Ils pourront ainsi se familiariser avec le concept et le cadre réglementaire en matière de fabrication des laits et crèmes corporels afin d’améliorer la qualité desdits produits, et assurer la sécurité des consommateurs. D’autre part, l’objectif du module 3 consacré à l’évaluation de l’environnement de développement du projet de production de laits et de crèmes corporels, est de permettre aux apprenants d’étudier le contexte interne et externe de l’entreprise. Ceci, à travers une analyse objective des forces, faiblesses, menaces et opportunités du projet. Cela les conduira au recensement des différents producteurs locaux et importateurs desdits produits, tout en identifiant les préférences des consommateurs. Aussi, ils sont appelés à dresser une liste des matières premières locales disponibles leur permettant d’atteindre leur objectif.
Passée cette étape, vient ensuite celle de l’implémentation des bonnes pratiques de fabrication dans le processus de production des laits et des crèmes. « L’objectif visé par ce module, est de ressortir les techniques de production de laits et crèmes tout en respectant les exigences de la norme iso 22716 et le contrôle de la qualité du processus de fabrication », indiqué le responsable de Bellomar Learning. Les apprenants bénéficieront d’un accompagnement à la mise sur pied d’une unité de production à travers un programme de coaching de 4 semaines à 6 mois. La participation aux cours se fait moyennant le paiement de la somme de 250 euros, soit un peu plus de 160.000 Fcfa pour la formation à distance sans frais supplémentaire pour le développement de l’unité de production. Pendant ce temps, il va falloir dépenser 382 euros, soit 250.000 Fcfa la formation en présentiel à Douala.
Interview :
Martial Gervais Bella Oden, initiateur de la formation
« Le cosmétique est l’un des secteurs phares de la consommation »
Dans cette interview, cet expert des questions relatives à la chimie et l’entrepreneuriat analyse l’importance de cette filière peu explorée au niveau local.
Propos recueillis par Jean Pépin Ndjo
Quel est le poids économique du secteur de la cosmétique aujourd’hui ?
Un produit cosmétique est « une substance, une préparation ou mélange destiné à être mis en contact avec diverses parties superficielles du corps humain, notamment l’épiderme, les systèmes pileux et capillaire, les ongles, les lèvres et les organes génitaux externes, ou avec les dents et les muqueuses buccales, en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, protéger, parfumer, maintenir en bon état le corps humain, de modifier son aspect, puis d’en corriger les odeurs corporelles » selon la norme NC 813 :2017. En 2009, le marché mondial des cosmétiques était estimé à 251,5 milliards d’euros. Le marché européen représentait à lui seul environ 69,5 milliards d’euros, ce qui dresse l’Europe au premier rang mondial de ce secteur, suivi des Etats Unis avec 42,3 milliards d’euros. Ce business de la beauté était estimé à 10 milliards d’euros en 2017 en Afrique subsaharienne selon « Euromonitor » mais avec de grandes disparités entre les pays. Le marché du cosmétique en Afrique francophone est caractérisé par une croissance sans cesse galopante. Le Cameroun est considéré comme l’une des principales portes d’entrée pour le marché des cosmétiques en Afrique centrale. Majoritairement dominé par l’importation des produits des grands groupes internationaux, le marché des produits cosmétiques est en pleine expansion au Cameroun. Une statistique effectuée par le ministère du commerce en 2017 dans la ville de Douala dans le cadre du soutien du gouvernement au « made in Cameroun », filière cosmétique, a révélé que sur la période 2015-2017, les importateurs camerounais ont dépensé 114 milliards de Fcfa pour les produits de beauté. Il s’avère que 75 % du marché local des cosmétiques au Cameroun est contrôlé par les importateurs et les producteurs locaux se partagent 25% restants. Toutefois, cette statistique illustre l’évolution du marché mondial des cosmétiques entre 2009 et 2019. En 2019, le marché mondial des produits de beauté a affiché une croissance d’environ 5,3% (INS, 2020).
Vous organisez une formation des acteurs du secteur au respect des process et des normes. Pour quel objectif ?
Depuis plusieurs années, le contexte de mondialisation et l’accroissement de la concurrence ont défini un nouvel ordre économique. Avec la montée en puissance des entreprises du secteur cosmétique, la satisfaction aux exigences devient une priorité. Ainsi, face à une variété de produits mis à leurs dispositions, les consommateurs sont de plus en plus informés sur la qualité. Les entreprises interpellées, se doivent de s’inscrire dans une dynamique de recherche effrénée de la performance. La démarche idoine permettant d’atteindre ces objectifs est la mise en place d’un système qualité. Le système qualité se définit par la norme ISO 8402 comme « l’organisation de l’ensemble des procédures, des processus et les moyens nécessaires pour mettre en œuvre le management de la qualité ». Selon Cattan et al, 2006 « la qualité représente un objectif important depuis que les besoins des consommateurs ont été intégrés dans la boucle de prise de décision, et elle devient un véritable outil stratégique et offensif pour faire face aux nouveaux enjeux de l’entreprise ». Or, « une entreprise n’est performante que si elle génère de la valeur qui inclut la valeur économique, la valeur financière, par sa mission et au travers de ses produits pour ses clients » d’après Marion et al, 2012.
Quels sont les textes qui régissent cette activité ?
Le règlement (CE) 1223/2009 relatif aux produits cosmétiques est entré en application le 11 juillet 2013 dans toute l’Europe. Il abroge la directive 76/768/CEE (du 27 juillet 1976). Ce règlement reprend et renforce des dispositions déjà existantes dans l’ancienne directive mais introduit également des changements majeurs, avec des responsabilités étendues et de nouvelles contraintes aux entreprises du secteur des cosmétiques. L’obligation de conformité des conditions de production des produits cosmétiques aux bonnes pratiques de fabrication (BPF) constitue l’un des principaux changements imposés par ce règlement. Afin de protéger les consommateurs au mieux, des lignes directrices relatives aux bonnes pratiques de fabrication des produits cosmétiques ont été éditées au niveau mondial dans la norme ISO 22716. Ainsi, le suivi de ces BPF cosmétiques sera un gage de qualité des produits pour les consommateurs.
Le secteur de la cosmétique peut-il être porteur pour le Cameroun ?
Au Cameroun, le cosmétique se présente comme l’un des secteurs phares de la consommation de produits camerounais. La demande sur le marché local devient de plus en plus importante. Les sociétés camerounaises doivent se conformer aux respects des bonnes pratiques de fabrication afin de garantir la sécurité et la qualité des produits aux consommateurs. De ce fait, les produits cosmétiques doivent être conformes au règlement cosmétique (CE) N°1223/2009 qui concerne tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement, du fabricant au distributeur en passant par l’importateur. Malgré des pertes de l’ordre de 18% liées à la contrefaçon, il est important de prendre en compte la réglementation en vigueur afin de garantir la sécurité et la qualité des produits aux consommateurs. C’est pour mieux contrôler ce commerce qu’une opération de contrôle des normes est en cours selon le ministère du Commerce. Cette opération vise à s’assurer du respect des normes en vigueur dans l’industrie cosmétique. Mais, les consommateurs ne sont pas toujours satisfaits de la qualité du produit et veulent des produits à base des substances naturelles de leur pays.
Les crèmes corporelles font partie des produits cosmétiques les plus utilisés dans le monde. Bien qu’elles soient fabriquées de manière industrielle ou artisanale, le non-respect des BPF a un impact significatif sur la qualité du produit fini et la sécurité du consommateur. L’objectif de cette formation est de doter les participants des bases théorique et pratique permettant de produire des laits et crèmes corporelles dans le strict respect des bonnes pratiques de production en lien avec la norme cosmétique ISO 22716 en vue de lutter efficacement contre les importations.

Joindre notre accadémie

Notre centre virtuelle offre divers services ou produits qui certainement apporteront un plus dans votre vie….

Il convient de faire une visite, questions d’en savoir plus et souscrire à au moins un afin d’en faire partir de l’aventure.

By groupebellomar

Des articles semblables

0 Comments

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *