Le manioc (Manihot  Crantz esculenta), est appelé communément  manioc dans les pays  francophones, Cassava dans les pays anglophones Yuca ou Madioca en Amérique latine. Le manioc trouve ses origines en Amérique latine, précisément  au Venezuela (2700 ans avant  JESUS CHRIST). Il a été introduit en Afrique par les portugais vers le milieu du XVI siècle. Sa culture intensive et sa consommation  ne se sont développées qu’à la fin 20e du siècle. Cette plante de la famille des euphorbiacées est composée d’une partie aérienne et d’une partie  souterraine. La partie aérienne est constituée d’une tige principale, Les branches qui portent à leur extrémité de grandes feuilles palmées très consommées en Afrique centrale et au Brésil. La partie souterraine  comprend des racines nourricières et des racines tubérisées. Les racines tubérisées sont utilisées comme aliment (tubercule). Il existe plusieurs variétés de manioc (environ 42) mais deux d’entre elles sont principalement cultivés au Cameroun  Le manioc amer et le manioc doux. Avec un rendement raisonnable le manioc s’accommode  de la grande diversité des conditions climatiques, des qualités de sols parmi les plus pauvres et les plus arides. Le manioc est reproduit par simple bouturage. Il n’exige aucun travail au sol ni aucun soin particulier jusqu’à sa récolte 7 à 18 mois après la plantation. Les tubercules peuvent être conservé en terre jusqu’à 2ans après maturité protégeant ainsi les consommateurs des aléas, des récoltes et des disettes. Car le tubercule présente une bonne résistante  aux maladies (virus, bactéries, champignons ou encore cochenilles et acariens) et aux prédateurs (herbivores, champignons,insectes). Le tubercule de manioc est un aliment énergétique (80% d’amidon, 45% d’acide ascorbique).Il également un produit stratégique parce qu’il se transforme en une gamme variée de sous produits très demandés (la farine de manioc, les Cassava Chips,l’amidon, le textile, le papier, le sorbitol, le sirop, la cossette, le glucose…).

La production mondiale de manioc s’élève à environ 200 millions de tonnes repartie sur 20 millions d’hectares (FAO 2004).Il est aujourd’hui largement cultivé et récolté comme plante annuelle (tout au long de l’année) dans les régions tropicales et subtropicales et occupe le 5e rang mondial parmi les plantes alimentaires. La majeure partie de la production mondiale est consommée en Afrique, notamment en Afrique subsaharienne sous forme de racines fraîches et de produits bio-transformés (méthane, alcool, biomasse,manioc protéiné…)  Les plus grands pays producteurs sont le Nigeria, le Brésil, la Thaïlande, la République Démocratique du Congo et le Ghana.Le Cameroun consomme environ 60% des 5 millions tonnes de manioc qu’il produit par an, le tiers est destiné à la consommation animale et le reste est transformé. La consommation annuelle minimale d’un camerounais est de 175kg de manioc l’an. La production  par hectare était de 5 à 20 tonnes en 1998 mais, avec une bonne combinaison des systèmes de production et des variétés cultivées, on est passé à une production de 70 à 100 tonnes par hectare en quelques années. Le marché du manioc dans notre pays reste toujours informel le produit et ses dérivés sont  achetés par toute les couches sociales, le kg de bouture manioc frais coute 500 francs cfa, le gari 1000F Cfa/kg, la farine de manioc 300F Cfa/kg, amidon 600F Cfa/kg. Les unités de transformation comme Unitransma SA. (Amidon) Procoma (amidon et farine)  Utram (amidon) existent mais en petites entreprises, sous forme de GIC et des instituts de formations et de recherches telle le CIP (Centre Incubation Pilote). Les exportations sont passées de 523,8tonnes à 700 tonnes mais reste toujours très informel car difficilement contrôlable. Ce secteur fait face à de sérieuses difficultés telles la production en petite quantité car le secteur est majoritairement constitué d’agricultrices et de jeunes agriculteurs; la faiblesse des appuis financiers accordés dans le cadre des programmes gouvernementaux ne permettant pas d’investir efficacement dans l’agriculture du manioc et l’insuffisance d’une action gouvernementale pour aider à l’exportation ; l’insuffisance de fond de roulement pour les transformateurs de manioc ; l’organisation irrégulière des foires agricoles ne permettant pas de communiquer sur les dérives du produit et l’éloignement des sites de culture en milieu urbain .  

La stratégie mondiale du développement de la filière manioc a été très bien accueillie par le gouvernement camerounais.  En effet, en accord avec le FIDA, le gouvernement camerounais a mit en place le Programme National de Développement des Racines et des Tubercules (PNDRT) qui a pour objectif global de contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire. Plusieurs autres institutions de renoms consacrent leurs activités à la recherche du manioc. L’IRAD (Institut de Recherche Agronomique pour le Développement) avec ses 5 centres, ses 16 stations et son département racines et tubercules,l’institut met à la disposition des jeunes des fiches techniques pour la transformation du manioc L’IITA étudie le cycle de production du manioc ainsi que ses différentes variétés ; Le journal LA VOIX DU PAYSAN diffuse des informations sur les nouvelles opportunités du domaine agricole. CAPEX (Centre d’appui aux formalités à l’exportation) apportent un soutien concret à l’agriculture en général par un appui financier.Le PIAASI (Programme Intégré d’Appui aux Acteurs du Secteur Informel, le PAJER-U (Programme d’Appui à la Jeunesse Rurale et Urbaine), le FNE (Fond National de l’Emploi),le PDEA (Projet de Diversification des Exportations Agricoles du Cameroun) apporte un appui  au secteur de la culture et de la commercialisation du Manioc au Cameroun.

Le  développement du secteur “Manioc” ne peut se faire qu’à travers une vulgarisation intensive des informations disponible et utile, l’accompagnement et l’octroit des financements adéquats aux acteurs du domaine. En outre il est important que les acteurs de la filière , puissent se regrouper pour mieux faire face aux difficultés qu’ils rencontrent au quotidien.

Par

MOTTO ESSOME KUNTZ Legrand et Martial Gervais ODEN BELLA