LA TRANSFORMATION DU CACAO AU CAMEROUN : une niche entrepreneuriale assurée pour les jeunes.

Ecrit par groupebellomar

Le octobre 28, 2011

Le cacao est une culture pérenne dont la valorisation des dérivés ou sous-produits est une opportunité entrepreneuriale sans pareille. Le cacaoyer commence à produire à partir de 3-4 ans. Adulte à 6 ans, il produira pendant une quarantaine d’années entre 20 et 80 cabosses par an. Il a une densité de 22 arbres par hectare dans les jeunes cacaoyères de moins de 10 ans ; à 137 arbres entre 10 et 40 ans. Le rendement peut être supérieur à 1000 kg de cacao sec à l’hectare. Il faut de 4 à 6 mois pour que les cabosses soient mûres. Leur couleur varie en fonction des variétés et du degré de maturité. Il existe trois groupes principaux de cacao.Le Criollo qui donne des cacaos fins est originaire d’Amérique centrale et du Mexique. Ses fèves sont grosses, claires, ses cabosses vertes,orangées à maturité. Il ne correspond cependant qu’à 1 % de la production mondiale car il est fragile et sensible aux maladies. Le Forastero a des fèves violettes et des cabosses le plus souvent vertes et jaunes à maturité. Il provient de l’Amazonie. C’est le cacao le plus produit dans le monde (près de 80 %). Le Trinitario est un hybride entre les deux groupes
précédents. Ce cacao représente 20 % de la production mondiale. Le cacaoyer est un arbre de forêt tropicale ou équatoriale. Il réclame un climat chaud et humide. Il est cultivé de préférence entre 0 et 700 mètres d’altitude dans des zones à pluviosité régulièrement répartie tout au long de l’année et avec un sol profond et fertile. Il existe plusieurs façons de propager les cacaoyers.On peut planter une graine, faire une bouture, ou une greffe. La récolte nécessite des précautions pour éviter d’abîmer les coussinets floraux. Quand les cabosses sont basses, on coupe le pédoncule du fruit avec un sécateur.Quand elles sont plus hautes, on utilise un émondoir. On reconnaît une cabosse mûre à sa couleur et au son qu’elle rend lorsqu’on la tapote. Il faut 25 000 cabosses pour obtenir 1tonne de fèves sèches. Une cabosse pèse environ 380 g. Une fève fraîche pèse 2,5 g, et sèche pèse 1 g.

Les pratiques agro forestières à base de cacao au Cameroun existent dans les provinces du Sud-Ouest, du Littoral, de l’Est, du Centre (60% des exportations y proviennent) et du Sud. La main d’œuvre y est disponible, de même qu’une pléthore de clients locaux comme étrangers. Le cacao fait partie des principales cultures commerciales,mobilisant pour la production, la transformation et la vente de nombreux organismes d’appui tant sur le plan local qu’international. Notamment, l’association pour la promotion des initiatives communautaires africaines (APICA), l’institut international d’agriculture tropicale (IITA), Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (CIRAD). Et sur le plan local, plusieurs ministères sont concernés par les pratiques agro forêts à base de cacao le Ministère de l’agriculture et le Ministère de la recherche scientifique et de l’innovation ; de surcroît des institutions de recherche y apportent leur soutien à l’instar de l’’Institut de recherche
agricole pour le développement (IRAD), le Renforcement des Partenariats dans la Recherche Agronomique au Cameroun (REPARAC).

La transformation de ses cabosses, de ses fèves et du jus de cacao nous permet de découvrir les mondes magnifiques du cacao. Le nom scientifique du cacaoyer est Theobroma cacao.Theobroma signifie en latin, « nourriture des dieux ». Du fruit de cet arbre et avec son étonnante cabosse qui est un festival de couleurs jaune, verte ou rouge, tout est bon à prendre. La transformation des coques de cacao permet d’obtenir de nombreux produits finis.Notamment, le potassium qui est une cendre potassique entrant dans la fabrication des engrais pour la provende des porcs et des poulets en seconde phase de l’élevage (30 à 51 jours). Le processus de transformation est des plus simples : coques séchées et broyées + 7% de boue d’huile ; coques séchées et broyées + 9 % de boue d’huile. Mais aussi séchées et incinérées, elles servent à la composition d’engrais pour les plantes à tubercules, cas du manioc soit 100g par plant d’où l’accroissement de 50 %.De plus, la transformation des coques de cacao nous permet d’obtenir du savon à partir de la potasse combinée à de l’huile (Cendre potassique + boue d’huile). Ainsi on peut fabriquer du savon de couleur noire pour la lessive,ou du savon de couleur blanche pour la toilette. Le poids brut d’une coque de cacao est de 80%, 40% après broyage et 30% après incinération. Energie métabolisable: 1012 kcal/Kg Ms ; teneur en protéines : 8,5 % MS, proche de 9% pour le mais ; teneur en cellule brute 27 % MS limite pour l’alimentation des volailles ; faible taux de digestibilité de cellulose chez les coqs adultes 22 % ; faible taux de digestibilité de protéines brutes 30 %. Les produits se conservent longtemps. L’utilisation des coques séchées a des effets de substitution partielle du mais, avec une réduction du coût de production du poulet de 17 % par rapport au contrôle et réduction de l’utilisation de mais de l’ordre de 55 %. Ces produits ont une très grande clientèle comme les producteurs de provende, les éleveurs et agriculteurs, et les usines de transformations, les instituts de beauté.

Les principaux pays producteurs de cacao sont la Côte d’Ivoire, le Brésil, le Cameroun, le Ghana, le Nigéria et l’Indonésie avec en moyenne 2 600 000 tonnes par an. La CEDEAO produit près de 63% du cacao mondial. Au Cameroun, on produit en moyenne 241 000 tonnes de fèves et 820 000 tonnes de coques par an. Et malgré la disponibilité de la technologie et des matières premières, de nombreux risques sont liés à ce secteur d’activités à l’instar de la contamination du sol, risques dans la collecte (morsure de serpents, d’insectes …), le mauvais état des routes, les maladies saisonnières, l’insuffisance et la mauvaise qualité de la matière première, les contraintes en matières de pestes (la pourriture brune, les pesticides, les attaques de rongeurs, les loranthacées).

Sans aucun doute, la valorisation des sous-produits du cacao contribue à réduire l`importation de certains produits de première nécessité, aussi à lutter efficacement contre la pauvreté, le chômage en milieu jeune et à freiner l`exode rural tout en augmentant les revenus des producteurs.En plus, la transformation de des dérivés du Cacao évite la pollution du sol et la désinfestation des cacaoyères par la pourriture brune. Comme dirait le physicien Lavoisier, « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ».

PAR EBENYE AGON Lydia Annita avec la contribution de BELLA ODEN Gervais Martial

Vous pourriez aussi aimer…

8 Commentaires

  1. Aline NLAH

    en fait le cacao est véritablement une grande source de richesse pour notre pays le Cameroun. mais alors ils sont combien de nos jours qui voudraient encore se salir les pieds et les mains pour un salaire ? ceci pour dire que l’Etat devrait mettre à la disposition des populations non plus seulement rurale mais aussi urbaine des moyens d’encouragement sérieux de la jeunesse à se lancé dans les travaux dures dans le but de ne plus vénérer la bureaucratie , et le pays prospèrera.

    Réponse
  2. groupebellomar

    Bonjour
    Merci beaucoup pour vos contributions et vos encouragements
    Pourrions nous avoir vos coordonées complètes?
    Au plaisir de vous relire
     
    Martial Gervais ODEN BELLA
    Consultant – Formateur
    Administrateur – Délégué  :
    Représentation : SILVER MILLENIUM (BULGARIE),RICOCHET INTERNATIONAL (FRANCE) ET LEMOUNGO WORD SARL(CHINE)
    Tél+237 75 69 70 32 /+23733111112
    Compte skype : bella.oden.gervais.martial
    http://saponification.afrikblog.com
    http://climatechange.afrikblog.com
    http://agriculture.afrikblog.com
    http://www.facebook.com/martialgervais.odenbella
    http://www.facebook.com/savonetdetergent (cliquer sur j’aime pour rejoindre notre communauté)
     
     
     
     

    Réponse
  3. Laurent MANGA

    J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre article sur le cacao;vous fournissez d’importantes informations .En ma qualité de vulgarisateur,je vous encourage à continuer d’autant plus que nous devons faire face aux problèmes de préparation d’un cacao marchand de qualité qui est aussi plus approprié à la transformation des dérivés comme le beurre de cacao et le chocolat.Même en ce qui concerne la fabrication d’engrais à partir des cortex(coques de cabosses),nous nous évertuons à sensibiliser les producteurs et d’autres agriculteurs à les utiliser.Pour ceux de vos lecteurs qui souhaitent être formé,nous pourrons prendre attache.Bon courage,votre travail est louable!

    Réponse
  4. kdm

    bonjour berty
    je suis très intéressé par les sous’produit du cacao et j’aimerais pouvoir corespondre avec vous pour plus d’informations. merci

    Réponse
  5. berty

    cacao une chance
    juste pour mettre de l eau a votre moulin, le cacao est une véritable mine d or et je pense d ailleur qu il représente l avenir car ,les usages de celui ci sont multiples.
    Originaire d Amérique latine, le cacao est une plante ligneuse Perrene,il est principalement cultives pour les fruit cabosse,dont les fèves ou graines sont très riches en amidon, en protéines et en matière grasses,la caféine et la théobromine pressentes dans la pulpes sont des substances stimulantes,les fèves de cacao ont aussi une grande teneur en huile essentiel et nous sommes encore loin d avoir énumérer tout le veritable potentiel du cacaoyer, avec de de marges bénéficiaires assez confortable

    Réponse
  6. mimi

    valorisation des dechets de cacao
    je suis interessée par la valorisation des dechets de cacao tels que les coques et je voudrais plus d’informations

    Réponse
  7. Débora Tonye

    Partenariat
    Bjr je suis la dp du magazine l’emploi et je suis interessée par vos articles sur l’emploi ds le secteur agricole.
    J’aimerai discuter des modalités d’un partenariat avec vous. ndebora@lemploi-mag.com
    Merci

    Réponse
  8. Ferdinand Nyangé

    Partenariat et assistance
    Mr,Mlle,Mme
    Bonjour!
    Juste par la présente je voudrais correspondre avec vous pour échanger quelques propos concernant les jeunes. Je suis responsable des jeunes au sein War Child Canada DRC, mais nos activités faites après formation en technique de journalisme demandent une projection des AGR pour l’appui institutionnel. Que peut-donc faire ?

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *